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Héraldique: seconde conférence de David Gattegno

David Gattegno nous parle à nouveau de l’héraldique dans son écrin historique et culturel.

Les érudits, les amateurs d’art armorial , les curieux et les apprentis vont être satisfaits de suivre la trame de la seconde conférence; comme toujours elle abonde de références propices aux recherches , de vues originales , tranchantes parfois à l’égard de possibles transgressions modernes.

 

Ci-joints et de manière exclusive , les transparents qui ont illustré le discours de David Gattegno.

Transparents-Conférence du 15 février 2017

Contenu de la conférence CI-DESSOUS

 

La parole des armoiries

par David Gattegno

 

La formule « armes parlantes » a beaucoup fait … parler, justement. C’est assez naturel, au fond. Cependant, j’assure que les gloses diverses là autour n’ont souvent parlé que pour ne pas dire grand-chose qui vaille réellement. Parce que cet aspect du blason est, en réalité, parfaitement secondaire.

Il s’agit tout bêtement des armes dont les figures correspondent au nom de leur possesseur – c’est prendre les choses à l’inverse de leur bon sens. Dans le même ordre d’idées on admet les armes dites « allusives », dans lesquelles les figures permettraient également, par à-peu-près cette fois, de retomber sur les mêmes pieds… On pense encore à des meubles agencés sous forme de rébus et autres approximations figurées sur l’écu…

Ce point de vue sur la lecture héraldique a beaucoup séduit, de deux façons, du reste assez contradictoires, du moins en apparence : d’une part, les plus rationalistes ont ainsi voulu réduire la composition des armes à l’expression froidement simplificatrice d’une sorte d’état civil, d’autre part, bien des fantaisistes ont trouvé à exercer en cette occurrence ce qui peut répondre à diverses appellations : « cabale phonétique », pour les uns, « langue des oiseaux », pour d’autres, « diplomatique », encore, « langue verte » ou, plus banalement, calembour, sans parler d’une conception de l’argot dont on trouve l’idée développée dans l’œuvre d’un incertain Fulcanelli, lequel voulait dire art goth, c’est-à-dire « gothique »… Quoique ce puisse sembler paradoxal à plus d’un titre, les fantaisistes et les rationalistes se rejoignent finalement, parce que, les uns comme les autres tiennent obstinément à ne pas prêter quelque oreille que ce soit à la voix de la Tradition quand elle s’exprime. Les analyses auxquelles cela a pu donner lieu varient de l’amusant au passablement intéressant, en ceci que, ici ou là, quelques spéculations peuvent ouvrir des champs fertiles à l’investigation intellectuelle.

 

J’ai évoqué la figure de Fulcanelli, sous l’enseigne duquel on a le mieux manifesté les réflexions de cette école, dont l’origine remonte à un « antiquaire », comme on désignait les amateurs éclairés des choses anciennes entre le XVIIe et le XIXe siècle, de son nom Claude-Sosthène Grasset d’Orcet. Il se trouve qu’un Limougeot – répondant à la signature compagnonnique de Limousin Espalier, juin 1997 – a publié la seule étude d’importance sur celui qu’il présente comme un dépositaire des secrets des maîtres de métiers, étude intitulée L’Art royal, trahison des clercs ? Les brisées de Grasset d’Orcet, parue en édition limitée, aux dépens de l’auteur, Limoges, 1999, préfacée par Philippe Guglielmi, ès qualités de « Sérénissime Grand Maître du Grand Orient de France » (1997-1999). Limousin Espalier et Guglielmi se partagent entre ce que le premier appelle « les activités libertaires et polémiques des sociétés de métier » et, le second, « la construction des institutions démocratiques dans notre pays »… Or, en dépit de l’aspect vulgairement rationaliste de ces deux considérations significatives, nous avons affaire à la plus pure fantaisie, tout simplement parce que les « sociétés de métier » évoquées n’avaient aucune autre activité que celle du métier, ce qui est amplement suffisant pour l’épanouissement le plus complet de l’esprit, et n’avaient en vue aucune autre « construction » que celle des chef-d’œuvre et autres ouvrages auxquels elles se consacraient entièrement. Toutefois, en dépit des considérations les plus rationalisantes, les plus réductrices, on aime se poser une question bien décorative : « Contes, légendes, devises, jeux de mots, demande le second, il y aurait là de la philosophie ? » Et il en vient à admettre ce qu’il appelle une « métaphysique populaire aux habits pittoresques, fondée sur les rébus et la cabale phonétique », ce que le premier tient pour être un « blason populaire, authentique art royal » dont, avance-t-il, la clef aurait été retrouvée par Grasset d’Orcet… Quelque fieffé fantaisiste qu’apparaisse Grasset d’Orcet, ses écrits ne manquent pas de sel dans leur copieuse érudition ; ils ont d’ailleurs constitué le fondement, d’ailleurs soigneusement tenu sous le boisseau, d’un grand nombre d’études suivantes, entre lesquelles on remarquera principalement le courant le plus « actif » de l’alchimie moderne, celle dont Fulcanelli est emblématique.

 

D’un autre côté, l’Histoire nous apprend que, en novembre 1796, Louis XIV fit promulguer un édit de réglementation du port des armoiries. Première conséquence majeure : suppression des juges d’armes au profit d’un système prétendument décentralisé de maîtrises territoriales, évidemment placées sous juridiction parisienne ; ainsi, se trouvait annulé tout droit d’armes antérieur. Désormais, quiconque portait armoiries devait être traité par la nouvelle juridiction ; elle observait les armes revendiquées, les vérifiait et les faisait entrer dans le nouvel Armorial général de France.

 

La plus grande nouveauté tenait en réalité à la fiscalisation de l’enregistrement, moyennant un droit de 20 livres, et ce, en raison d’un exploit nouveau, l’effort de guerre auquel il fut appelé pour la première fois dans le préambule à l’édit de 1700, qui disait :

« Entre les moyens auxquels les besoins de la guerre nous ont obligez d’avoir recours, celuy de créer et establir des offices pour connoistre du fait des armoiries nous ayant esté proposé, nous portasmes d’autant plus volontiers à l’accepter qu’il nous permet qu’en attribuant à ces offices des gages proportionnez à leurs finances, nous tirerions une partye des secours dont nous avons besoin. »

 

L’ancien juge d’armes Charles René d’Hozier entra en fonction comme garde de l’Armorial général.

La noblesse n’ayant aucun besoin d’enregistrement où que ce soit, les déclarations d’armoiries ne se trouvèrent pas aussi importantes qu’escomptées. Du coup, les caisses ne furent pas renflouées, ce qui amena le lancement d’une ouverture des armoiries à quiconque souhaitait en porter, puis, cela ne suffisant toujours pas, à l’enregistrement obligatoire de toutes, dont celles que le garde de l’Armorial général allait pouvoir inventer. Il s’ensuivit la création de nouvelles armes et la nécessité pratique de la mise au point d’un système lui permettant d’en composer rapidement tout en limitant les risques de similitudes. Ce qu’il sut faire, notamment en ayant recours à l’usage des rébus, à peu près et autres pléonasmes pour leur invention, ce qui lui aurait permis d’envisager, par exemple, pour le comédien actuel Bernard Lecoq, un gallinacé arrogant.

Le système d’Hozier déboucha sur la composition d’armes « en série », comme cela transparaît de manière assez caricaturale sur certaines pages de l’Armorial général.

 

Ainsi donc : séries industrielles, quasiment, et parlantes à tort et à travers, pour ainsi dire…

Il n’en reste pas moins que des chercheurs ont pu repérer de réellement anciennes armes parlantes. Sans doute, mais cela n’amène qu’à poser la question selon le mode de l’œuf et de la poule : le nom est-il antérieur ou postérieur au blason ? Les armes imposent-elles le nom, ou bien le nom donne-t-il le blason ?

Si la latinité connaissait praenomen, nomen et cognomen (le surnom), le monde germanique donnait un nom personnel, auquel était parfois adjointe une espèce de désignation qualificatrice, correspondant à ce que notre culture gréco-latine appelle l’« épithète homérique ». La chrétienté s’est souvent calquée socialement sur la Rome antique, mais, pour bien d’autres points, et non des moindres, elle a repris les usages celto-germaniques, entre autres, en matière onomastique.

Progressivement, dès le haut Moyen Âge, un nom transmissible vient accompagner l’identité individuelle, ce nom héréditaire semble confondre les nomen et cognomen latins, en ceci qu’il est apparemment élaboré à partir d’une donnée topographique, d’une fonction sociale, de caractéristiques physiques ou morales « de famille », ou d’un exploit quelconque, toutes particularités qu’expriment en premier lieu un blason, d’après lequel quelque nom aura été prononcé.

L’argot, quant à lui, récapitule tout cela, en employant le mot blase.

 

Nous avons donc dit « blason », assez naturellement, mais, au fond, sans savoir au juste ce que ce terme recouvre réellement… Le substantif « blasonnement » et le verbe « blasonner » donneraient un fil moins naturel à retordre s’il fallait que chacun d’entre nous en donnât une définition… Or, pour savoir ce que parler veut dire, il n’y a aucune autre solution que le recours à l’étymologie et à ce qu’un des plus grands poètes des trois derniers siècles, Novalis, recommandait dans son Europe et la Chrétienté : « […] apprenez à vous servir de la baguette magique de l’analogie ». Je vais employer ces deux outils pour tenter de clarifier en quoi consiste le blasonnement.

Pour l’étymologie la plus immédiate, on en appelle au latin ; moins habituellement, on remonte quelquefois au grec. Le sanscrit est devenu pour ainsi dire caduc, tandis que les autres langues antiques passent pour quasiment hors de propos. C’est bien dommage.

 

Or, il se trouve que « blason » et ses dérivés présentent la particularité de ne pour ainsi dire pas pouvoir être entendus d’après une étymologie courante ; il existe bien le verbe blazonare, mais il n’est que de très basse latinité médiévale, remontant seulement au XVe siècle, c’est-à-dire à la toute fin du Moyen Âge. Il signifie « gravé par le procédé du feu », ce qui correspond bien à l’idée que l’on se fait aujourd’hui du fameux bouclier orné de figures émaillées. Par ailleurs, il existe tout de même un verbe antique, blatero, à la racine très voisine de blason. Blatero a le sens non dénué d’intérêt de « bavarder, deviser, babiller », avec la subtilité supplémentaire d’une idée selon laquelle le discours tiendrait à n’avoir pas su tenir sa langue, à avoir laissé échapper quelque propos qu’il n’eût peut-être pas fallu tenir… On dit encore aujourd’hui « déblatérer », pour l’émission sans retenue de phrases blâmables. Par ailleurs, blatérer s’applique au bélier et au chameau, dont le cri est un blatèrement, et aussi, autrefois, à la grenouille et au crapaud, dont on disait qu’ils blatéraient aussi bien qu’ils coassaient. Bref, blatero comprend un sens ambigu entre le cri naturel et une espèce de puérilité dans le langage.

Mais, si l’on ne peut pas remonter à l’origine du mot blason par le latin, où faut-il chercher à la retrouver ? En relation avec blazonare, en certaines régions françaises, on emploie blazer pour « brûler », l’anglais ayant conservé to blaze pour « flamboyer », mais également, et cela nous ramène à blatero, c’est-à-dire à l’idée de parole, to blaze signifie « publier, proclamer »… Et il n’est pas indifférent de noter que to bless est « bénir ».

Cependant, en allemand, blasen est « souffler » dans un instrument de musique, c’est-à-dire produire un son par le souffle, ce que nous reverrons tout à l’heure lorsque nous rencontrerons le mot haleinée, dénommant la respiration donnant la cadence aux fragments de phrases prononcées par les juges d’armes et autres hérauts…

 

Blason intéresse donc, en premier lieu, la parole et, plus précisément, la parole tournant autour de la description, aussi bien pour louer que pour blâmer. Au XIXe siècle, blasonner s’employait pour « blâmer », tandis que, auparavant, on l’employait dans le sens inverse. Nous retrouvons là l’ambiguïté que nous avons relevée pour le latin blatero. Au XIXe siècle, la lexicologie la plus rigoureuse en vint ainsi à considérer le mot blason comme un mot, je cite :

« pris anciennement en France pour toute sorte de description, quelquefois pour éloge et quelquefois pour blâme et médisance. Blasen est l’origine de toutes ces significations, parce que, dans les tournois, on décrivait les pièces de l’écu, on louait, on blâmait les chevaliers » (Dictionnaire des origines inventions et découvertes de MM. Noël et Carpentier, 1827).

Cependant, en 1664, dans son Grand Dictionnaire historique ou le mélange curieux de l’histoire sacrée et profane, Louis Moréri arrêtait le mot blason à l’allemand blasen, donné comme signifiant « sonner du cor ou de la trompe », et, dit-il, on a pris de là le nom qu’on a donné à la description des armoiries, parce que, anciennement, ceux qui se présentaient aux lices pour les tournois sonnaient du cor pour faire savoir leur venue. Après avoir reconnu qu’ils étaient gentilshommes, les hérauts sonnaient aussi de la trompe ; ils criaient « à pleine gueule », disait-on, décrivant les armoiries de ceux qui se présentaient. Lorsqu’on avait paru deux fois dans ces tournois solennels, qui se faisaient en Allemagne de trois ans en trois ans, poursuit l’entrée du Dictionnaire des origines, la noblesse était suffisamment reconnue et blasonnée, c’est-à-dire, insiste-t-on, « annoncée à son de trompe par les hérauts ». C’est naturellement de là que vient l’expression maintenue en usage « annoncer à cor et à cri », parce que, on l’a compris, blasonner signifie proprement « sonner le cor » et, simultanément, « lancer le cri »… Il y a donc un aspect de la description qui apparaît sous forme musicale et j’oserai dire que c’est la plus pertinente, la plus signifiante… Cependant, nous nous rappelons parfaitement l’idée du blason en tant qu’image, encore un peu sous forme descriptive mais nous ne nous la rappelons plus du tout comme cellule sonore. C’est un grand dommage, car cela revient à concevoir cet art sous une forme estropiée d’une partie de son deuxième aspect et amputée de la totalité du troisième.

 

On pourrait même dire que l’image de l’écu armorié n’est que la version en quelque sorte utilitaire de l’objet héraldique, ce qui a conduit nombre de commentateurs à s’aventurer dans des assimilations hasardeuses, sans doute, mais qui trouvaient leur justification par le fait d’une mise en perspective de la seule image. Ainsi, d’un universitaire, qui a consacré beaucoup de ses recherches à l’héraldique et qui en est venu à déclarer que les panneaux de signalisation routière pouvaient parfaitement être assimilés à des écus, et ce, du chef que, dans le code de la route comme dans l’armorial, on observe des stylisations somme toute assez comparables… Utilitairement parlant, cela pourrait peut-être se justifier, pour peu seulement que l’héraldique eût été une utilité – ce n’est aucunement le cas.

L’héraldique est une expression supérieure, stylisée assurément, mais supérieure à n’importe quelle mode d’expression immédiat. Elle est « schématique », effectivement, mais, disant cela, on a tendance à oublier que le mot schéma est spécialement pertinent, certes, pour désigner une figure simplifiée sommairement représentative d’un quelconque objet envisagé, mais surtout, spécialement pertinent parce que, au Moyen Âge, ce mot schéma s’appliquait très spécifiquement à la représentation figurée de Dieu…

 

Par-dessus le marché, en hébreu, schema est en relation avec la « prononciation du Nom », si bien que, par association étymologique du grec à l’hébreu, dans certaines gloses médiévales, schéma en est arrivé à signifier « le nom imprononçable » et, simultanément, ce que l’on pourrait désigner par la formule « l’image inimaginable ». Du coup, l’idée d’une conception « schématique » prend une tout autre signification, signification susceptible de nous donner, grâce à « la baguette magique de l’analogie », une bien meilleure idée de ce que l’on doit comprendre du blason…

À la charnière des temps modernes que fut la Renaissance, quelques années paraissent pour certains comme en suspension, n’appartenant à aucun instant des temps modernes qui se sont pourtant effectivement ouverts. C’est le temps suspendu des Léonard de Vinci, François Rabelais, Jean Fouquet, Miguel de Cervantès, William Shakespeare, Torquato Tasso, Claudio Monteverdi, Heinrich Ignaz Franz Biber von Bibern, Thomas Tallis, et autres gens de cette espèce dont il est impossible de savoir au juste s’il faut les entendre comme des réactionnaires archaïsants ou les comprendre au nombre des avant-gardistes… En vérité, inspirés notamment par Platon, ces temps apparemment « suspendus » président à une tentative de restauration de ce qui est pourtant voué à la disparition et à l’oubli. Or, le blason appartient à cet ordre des choses que d’aucuns voudraient préserver d’un « Dommaigeable et penible deluge » dont, en fin de son Gargantua, Rabelais donne cette pronostication :

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David Gattegno, l’enchanteur vous initiera à l’Héraldique (2éme partie) le mercredi 15 février 2016.

 

Café littéraire-BFM

S’il te plaît… dessinesmoi un  blason.!

00-Écus, émaux, casques & couronnes

03 – Différentes formes d’écu. Les émaux (couleurs, métaux & fourrures). Les casques et couronnes héraldiques.

04-aigle-suaire-abbaye-de-saint-germain-dauxerre-bd

04 – Aigle du suaire de l’abbaye Saint-Germain d’Auxerre (Xe siècle). La composition est manifestement de style «héraldiq

Info relaye l’annonce de la première partie de la conférence de David Gattegno sur l’héraldique. (18 janvier 2017)

http://www.info-mag-annonce.com/journal/haute-vienne/haute-vienne/hv-loisirs/hv-musique/musique/voyage-heraldique/222974

Nous  vous  attendons nombreux au Café littéraire situé dans l’enceinte  de la BFM de Limoges..

David Gattegno, l’enchanteur vous initiera à l’Héraldique (1) le mercredi 18 janvier à 17H30 et (2) le 15 février 2016.

Café littéraire-BFM de 17H30 à 19 heures.

S’il te plaît… dessines-moi un  blason!

• À quoi et à quand remonte l’usage de ce que l’on appelle «blason», «armes», «armoiries», … ? En tout cas, la documentation certifiée répertorie un événement de l’année 1049. S’il n’est «fondateur», du moins, il atteste la pratique. Depuis le XVIIIe siècle, il est définitivement admis que les choses se seraient constituées et codifiées à la fin du XIe siècle, par le fait des Français, qui ont mis en ordre les données et, ajoute-t-on, «qui en ont fait un art».

• Les éléments strictement documentaires suffisent-ils à ce que l’on puisse concevoir de quoi il retourne réellement, tant au point de vue de la datation que de la fixation d’un usage ou des emplois ? Il ne le semble pas. L’héraldique fut-elle répandue dans le monde, outre Europe ? Non. Au strict sens de l’«art», l’héraldique est chrétienne, sociologiquement et intellectuellement.

• Ce que l’on peut trouver dans la Grèce antique, par exemple, ou au Japon, avec les mon, pour apparemment semblable que cela puisse paraître, ne constitue en rien quelque similitude, mais seulement une analogie avec la science singulière du blason.

• Outre les règles et codifications, quelquefois extrêmement rigoureuses, il existe des aspects «insoumis», pris en compte par les règles et codifications. Ce sont les principes fondamentaux, irréductibles à quelque règle ou codification que ce soit. Ces principes sont tout à la fois astronomiquement plus rigoureux que les plus sévères règles et providentiellement plus libérateurs que tout affranchissement. L’héraldique implique l’application soutenue de cet apparent paradoxe…

• Le langage héraldique s’exprime par l’image — c’est l’écu armorié ou blason — et, ce que l’on sait beaucoup moins (voire pas du tout), par le son — ce sont les armes criées ou blasonnement.

• L’héraldique obéit en tout et pour tout à ce que le Moyen Âge appelait la franche simpleté, à quoi le blason veut conformer son titulaire. Il s’agit d’exposer une réduction de la personne considérée à la plus simple «expression» de celle-ci et, par cet exercice même, de l’élever à la plus haute distinction.

Et aussi : https://livresettoiles.wordpress.com/2017/01/11/info-relaye-lannonce-de-la-premiere-partie-de-la-conference-de-david-gattegno-sur-lheraldique-18-janvier-2017/

David Gattegno, l’enchanteur vous initiera à l’Héraldique (1) le mercredi 18 janvier (2) et le 15 février 2016 ( 2 éme annonce).

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S’il te plaît… dessines-moi un  blason.!

00-Écus, émaux, casques & couronnes

03 – Différentes formes d’écu. Les émaux (couleurs, métaux & fourrures). Les casques et couronnes héraldiques.

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04 – Aigle du suaire de l’abbaye Saint-Germain d’Auxerre (Xe siècle). La composition est manifestement de style «héraldique».

David Gattegno, l’enchanteur vous initiera à l’Héraldique (1) le mercredi 18 janvier (2) et le 15 février 2016 (2 éme annonce)

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01 – Plaque de cuivre émaillé du XIe siècle, représentant Geoffroy Plantagenêt, personnage auquel remonte la première trace documentaire héraldique proprement dite : en 1049, lors du tournoi qui opposa Goffroy au comte d’Anjou, les adversaires se sont respectivement fait décliner la couleur de leurs vêtements, la robe du cheval et le décor du bouclier. D’après cette information, il est certain que, à cette époque, la langue et les règles définissant le blason étaient d’usage.

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02 – Vase grec du VIe siècle avant J.-C. ; on y voit le bouclier orné d’un triquêtre. À droite, détail d’un parchemin du XVIe siècle ; ce même triquêtre est semblablement employé, sur l’écu de l’Île de Man.